TELETRAVAIL : avenir du système ? → Le centre de télétravail hors du domicile

Le télétravail est une période de l’activité professionnelle, généralement associée au secteur des services, permettant de travailler en dehors du lieu d’exercice de sa profession. Ce principe de travail permet une flexibilité horaire intéressante, de conjuguer profession et vie familiale et / ou de diminuer les trajets domicile – travail. Le télétravail est principalement exercé au lieu de domicile.
Toutefois, plusieurs utilisatrices et utilisateurs voient des limites au télétravail. Le fait d’exercer son métier au domicile ne va pas sans contraintes et / ou rigueur personnelle. Le dérangement par des tiers (enfants, membres de la famille, entourage proche, etc.) est la principale cause de renoncement au télétravail souvent suite à des expériences concrètes et malheureuses. Le plus manifeste est : « tu es là, tu peux vite m’aider » ce qui engendre vite une désorganisation de son activité.
L’idée serait d’offrir le système du télétravail sans les contraintes du domicile. Ceci implique un lieu pour exercer son activité plutôt proche du logement de résidence (si possible atteignable à pied ou par les transports publics), pouvant accueillir plusieurs « télétravailleuses et télétravailleurs » dans un environnement propice à leurs spécificités professionnelles (les services). En effet, de quitter le domicile pour travailler, enclenche un comportement propice au travail. Pour répondre à ces exigences, il s’agirait donc de créer un centre de télétravail communautaire (Nom de projet – CTC).
Les CTC seraient aptes à recevoir tous les types de métiers liés à des activités basées sur l’emploi de l’informatique pour l’exercice de sa profession. Les télétravailleuses et télétravailleurs amèneraient leurs propres ordinateurs (en règle générale portables) et chargés des logiciels métiers spécifiques par leurs services informatiques d’entreprises.
Ces CTC seraient technologiquement bien équipés (Wi-Fi de haute qualité, imprimantes, réseaux télématiques, etc.). Par contre, il n’y aurait pas de location d’ordinateurs sur site. L’ameublement consisterait en modules de bureau avec du mobilier pour une personne mais avec une double connexion informatique et téléphonique. Ce module de base pourrait être modulable selon les besoins. En fonction des localités ou des quartiers de grandes agglomérations, ces CTC seraient de dimensions variables, mais devraient au moins proposer 10 à 12 places de télétravail.
L’utilisation de ces modules se ferait au travers d’une location par forfait matin / après-midi / journée comme pour l’achat de forfaits de ski, avec un pass et une inscription de base. Une utilisation de plusieurs jours consécutifs serait envisageable mais un règlement ou une tarification progressive serait appliquée pour avoir une offre permettant un accès ponctuel et dissuader des entreprises souhaitant des locaux administratifs à faibles coûts. De plus, les CTC pourraient être en réseau pour en faciliter leurs accès.
Ces CTC (Centres de Télétravail Communautaires) pourraient être construits et gérés par des partenariats publics / privés (PPP) ou être exclusivement public ou privés. Le PPP est la solution à privilégier car elle permet une judicieuse planification des besoins et de l’offre par l’Etat. Sachant que des surfaces de bureaux, sans preneurs, sont disponibles dans beaucoup de localités, ces CTC pourraient être une réponse à une utilisation judicieuse d’espaces construits, tout en proposant une prestation de service permettant une augmentation de la qualité de vie de l’être humain tout en favorisant l’économie d’entreprise.
Les CTC pourraient proposer également des locaux de coworking ou cotravail. Le coworking est un type d’organisation du travail qui regroupe deux notions : un espace de travail partagé, et un réseau de travailleurs encourageant l’échange et l’ouverture. L’idée est de permettre aux travailleurs indépendants de ne pas rester isolés chez eux et de pouvoir trouver, dans ce lieu et à travers ce réseau, un espace de socialisation comparable à une entreprise, dans un mélange créatif entre travail et convivialité. Selon certains analystes économiques, cette nouvelle forme de travail remet fondamentalement en question les anciennes théories pyramidales du travail. Aujourd’hui, les mandats se font en réseau par une agrégation ponctuelle de compétences s’associant et se dissociant selon les projets. Ce modèle est plus rapide et plus flexible que les structures très hiérarchisées des entreprises, le réseau remplaçant potentiellement l’entreprise. Les sources de description du coworking sont de Wikipédia.
Éric Loutan, ingénieur en transports HES
Laurent Trivelli, Docteur en droit – Avocat au barreau

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